À Paris, Leandro Cano a présenté sa collection « Un Chien Andalou » à la Fondazione Sozzani, un lieu qui a donné au show une atmosphère intime, presque semblable à celle d’une galerie.

Le dress code entièrement noir imposé aux invités a contribué à installer le ton dès le début, donnant au public le sentiment de faire partie de la scène. Avant le début du défilé, des chansons espagnoles emplissaient la salle, plaçant la collection dans un univers de mémoire, de tradition et d’émotion.


Puis, lorsque la présentation a commencé, l’ambiance a complètement basculé : le premier mannequin est entré dans une robe sculpturale d’un bleu profond, portant une pièce buccale, tandis que des sons inquiétants, sans paroles, semblaient provenir de son corps, presque comme un chant étrange.

À partir de cette ouverture, la collection s’est déployée entre drame, délicatesse et malaise. Cano a fait entrer des références espagnoles et andalouses à travers des volumes sculpturaux, des voiles de dentelle, des chapeaux, des appliqués floraux et des silhouettes à la fois cérémonielles et oniriques.

La musique a joué un rôle important dans cette transition : ce qui avait commencé par des mélodies espagnoles reconnaissables s’est transformé en quelque chose de plus abstrait et troublant, retirant le show de la réalité pour le rapprocher de la performance, du rituel et du cinéma.

La palette de couleurs a façonné l’émotion de la collection. Le bleu profond du premier look a introduit le mystère et la gravité ; le blanc suggérait la pureté, la solennité et la fragilité ; le rouge apportait la passion et la tension ; et le noir ajoutait du drame et du deuil. Chaque pièce possédait sa propre présence, mais ensemble, elles formaient une séquence d’images, de personnages et de symboles.

Plutôt qu’une présentation de mode classique, le show ressemblait à une histoire racontée à travers le son, la couleur, le mouvement et la mémoire.


Images © Kike Liaños
