À Hyères, Pull&Bear donne du temps aux images
Avec la création de son Prix de la Photographie de Mode, Pull&Bear rejoint le Festival d’Hyères pour accompagner dix jeunes photographes. Une récompense pensée moins comme une consécration que comme un espace où produire, publier et exposer un nouveau regard.À l’heure où la mode se consomme dans un mouvement presque ininterrompu — une image chasse l’autre, un visage disparaît sous le suivant — la photographie conserve encore cette capacité particulière : arrêter le regard. Non pas simplement montrer un vêtement, mais construire autour de lui une présence, une tension, parfois même une fiction.C’est dans cet espace que s’inscrit le nouveau Prix de la Photographie de Mode Pull&Bear, lancé en collaboration avec le c. La première édition se déroulera à la Villa Noailles, lors de la 41e édition du festival, organisée du 15 au 18 octobre 2026.Pensé pour découvrir et soutenir une génération de photographes qui élargit les frontières traditionnelles de l’image de mode, le prix ne se limite pas à une récompense symbolique. Le ou la lauréate recevra une dotation de 20 000 euros, réalisera un projet photographique pour Pull&Bear et bénéficiera d’une exposition personnelle à la Villa Noailles lors de l’édition 2027 du festival.Le programme prévoit également la publication d’un fanzine et la diffusion du travail lauréat à travers les différents canaux internationaux de la marque. Autant de prolongements qui donnent à une série photographique le temps d’exister au-delà de son apparition immédiate sur un écran.Pull&Bear et le Festival d’Hyènes :
Dix regards, une géographie ouverte
Pour cette première édition, dix photographes ont été sélectionnés : Honglin Cai et Xueling Chen, originaires de Chine ; Giulia Frigieri, d’Italie ; Lorane Hochstatter et Zacharie Lewertoff, de Suisse ; Yun Ki Ng, de Hong Kong ; Motoki Nakatani, du Japon ; Julien Rahmani et Sidonie Ronfard, de France ; ainsi que Valeria Sarto, entre l’Italie et les États-Unis.Une sélection internationale qui ne cherche pas à définir une seule photographie de mode contemporaine, mais à en observer les déplacements. Entre documentaire et mise en scène, intimité et construction, corps réel et personnage imaginé, ces dix sensibilités témoignent d’une discipline devenue profondément poreuse.La photographie de mode n’est plus uniquement l’image qui accompagne une collection. Elle peut devenir récit personnel, archive sociale, territoire expérimental ou manière de questionner la représentation elle-même.La photographe française Camille Vivier présidera le jury, entourée de Lili Doillon, éditrice à la Librairie 7L ; de l’artiste et directeur artistique Laurent Fétis ; de Sylvie Lécallier, responsable de la collection photographique du Palais Galliera ; de Georg Rulfes, cofondateur et CEO de Concrete Rep ; ainsi que de l’artiste visuelle Noémie Ninot, lauréate du Grand Prix du Jury Photographie 7L en 2025.Leurs parcours, entre photographie, édition, graphisme, conservation et direction artistique, reflètent la manière dont l’image contemporaine circule désormais entre plusieurs territoires. Le nom du premier lauréat sera dévoilé le 17 octobre 2026, lors de la cérémonie officielle de remise des prix du festival.Hyères, là où les trajectoires commencent
Depuis sa création en 1986, le Festival d’Hyères s’est imposé comme l’un des lieux essentiels de découverte et d’accompagnement des jeunes talents. Viktor & Rolf, Anthony Vaccarello, Julien Dossena, Marine Serre, Louis Gabriel Nouchi ou encore Botter comptent parmi les créateurs passés par ses compétitions.Du côté de la photographie, le festival a également accompagné des regards devenus incontournables, parmi lesquels Camille Vivier, Charles Fréger, Estelle Hanania, Lorenzo Vitturi, Luis Alberto Rodriguez ou Paul Rousteau. Plus qu’un palmarès, Hyères construit depuis quarante ans un espace de rencontre entre une génération émergente et celles qui l’ont précédée.Pour annoncer cette nouvelle collaboration, Pull&Bear a réuni photographes, artistes et personnalités culturelles autour d’un dîner dans les jardins de la Villa Noailles, avant une visite des Rencontres de la photographie d’Arles. Un déplacement symbolique entre deux lieux qui continuent, chacun à leur manière, à interroger ce qu’une image peut encore révéler.Avec ce prix, Pull&Bear ne cherche donc pas seulement une photographie capable de représenter la mode. La marque choisit d’accompagner un regard, de lui offrir des moyens, un contexte et une durée.Car soutenir la photographie aujourd’hui, c’est peut-être commencer par cela : permettre à une image de ne pas disparaître trop vite.