Camperlab ne propose pas une campagne. Il propose une friction. À contre-courant des récits lissés, la saison SS26 s’écrit dans l’imperfection. Traits instables, silhouettes presque esquissées, figures comme inachevées. Ici, l’image ne cherche pas à convaincre, mais à laisser apparaître ses failles. Une esthétique du doute, du presque, du non-fini.

La campagne met en scène trois présences. Pas des personnages au sens narratif classique, mais des états. Chacun habite un entre-deux : entre ce que l’on montre et ce que l’on cache, entre rôle social et fatigue intime. Les costumes en denim trompe-l’œil et les sneakers Tornado deviennent alors des surfaces — des peaux — où se projettent ces tensions.

Le beige ne cherche jamais l’attention, et pourtant tout converge vers lui. Une forme de magnétisme discret, presque involontaire.
Le bordeaux performe, mais s’efface dès que possible — une cigarette comme suspension, comme échappée minuscule dans un flux trop dense.
Le gris, lui, incarne une lucidité troublante — ou peut-être une illusion de contrôle. Une figure qui dérange sans le savoir.

Ce ne sont pas des archétypes. Ce sont des vestiges contemporains.
La direction artistique, signée Mau Morgó et Cesar Rodrez pour Olimpic.tv, opère un glissement subtil : du réel vers sa traduction. Les personnages dessinés par Noha Manfredi ne sont pas intégrés dans un décor, ils s’y dissolvent.
La ville, saturée de néons Camperlab, devient presque secondaire. Un décor mental plus qu’un espace physique. Un lieu où les signes persistent après les récits. Où les rêves ne disparaissent pas vraiment, ils restent, comme des traces silencieuses.
Illustration et environnement ne se superposent pas. Ils coexistent dans une même instabilité.

Vestiges du quotidien
Ce que Camperlab met en jeu ici, ce n’est pas une vision du futur. C’est une lecture du présent dans ce qu’il a de plus banal, de plus rugueux, et de plus vrai. Une vie corporatisée qui se fissure dans les détails. Une identité qui se performe, puis s’échappe. Un style qui ne cherche plus à séduire, mais à exister malgré tout. Dans cet espace, le vêtement n’est plus une projection idéale. Il devient un fragment de réalité — imparfait, habité, traversé.
Ce qui reste
Il ne reste pas une image parfaite. Il reste une sensation. Celle d’avoir vu quelque chose d’incomplet, donc profondément humain. Celle d’un monde où l’apparence ne tient plus tout à fait. Celle d’un vestige encore chaud, encore vivant. Chez Camperlab, la mode ne raconte plus des histoires.
Elle en montre les fissures.
Brand Art Director @emanuela_amato
Brand & Collection Director @laurikopio
Illustrated by @nohamanfredi
Directed by @olimpic.tv @maumorgo
Creative Direction & Production by @olimpic.tv
EP & Head of Production @siramolla
Project Coordinator @___d______dd
