An Ordinary Day, le quotidien par l’objectif de Martin Parr
Avec An Ordinary Day, Anthony Vaccarello poursuit sa réinvention du langage visuel de Saint Laurent, en confiant cette fois le regard à Martin Parr, photographe britannique au style immédiatement reconnaissable. Ensemble, ils signent une série d’images où la banalité apparente se teinte d’étrangeté, transformant le quotidien en une scène à la fois familière et subtilement surréaliste.

Connue pour ses couleurs saturées, ses cadrages francs et son usage du flash, l’esthétique de Parr s’attache à révéler la poésie maladroite des instants ordinaires. Une approche qui trouve un écho inattendu mais saisissant dans la vision de Vaccarello, dont les silhouettes Saint Laurent impeccables et maîtrisées prennent ici une toute autre dimension.

Loin des décors sophistiqués et du glamour traditionnel de la mode, An Ordinary Day installe un contraste saisissant : celui entre l’élégance irréprochable des vêtements et la trivialité des situations dans lesquelles ils s’inscrivent. Il en résulte une tension discrète, presque ironique, qui questionne notre perception du luxe. Vaccarello semble ainsi demander : que devient le raffinement lorsqu’il se frotte au réel ?

Comme souvent dans l’œuvre de Parr, une forme d’humour s’infiltre dans les scènes, mais aussi un regard plus critique sur nos habitudes, nos gestes, notre décor quotidien. Cette série ne cherche pas à embellir, mais à révéler dans une collision inattendue entre mode et réalité, artifice et authenticité.

Avec An Ordinary Day, Saint Laurent prouve une nouvelle fois que l’élégance peut surgir là où on ne l’attend pas — au coin d’une rue, dans un café sans prétention, ou dans le flou d’un instant suspendu.









Fashion shoot for Saint Laurent, London, England, 2025 © Martin Parr / Magnum Photos





