Basquiat : The World of Jean-Michel n’est pas un simple livre. C’est une traversée. Un objet qui ne documente pas seulement une œuvre, mais ce qui l’entoure, un monde, une énergie, une trace qui persiste.


Pensé en collaboration avec Colour Themes, l’ouvrage s’appuie sur plus de dix années de recherches, d’archives et de travail de terrain. Plus de deux cents œuvres et photographies composent cette matière dense, presque organique. Mais ici, l’accumulation ne fige rien. Elle respire.

Le livre s’écrit à plusieurs voix. Celles de Peter Brant, de Lenny Kravitz, de Francesco Clemente. Mais aussi celles, plus lointaines, de figures disparues comme Keith Haring ou Bell Hooks. Une constellation. Une communauté qui ne cesse de redessiner les contours de Basquiat, bien après sa disparition.

Car c’est peut-être là que réside la singularité de cet ouvrage : il ne cherche pas à conclure. Il ouvre.

En six chapitres, le livre traverse les obsessions fondamentales de l’artiste — la figure, la tête, le corps fragmenté, la ville. New York y apparaît comme une matrice. Bruit, collisions, signes. Tout s’y superpose, comme dans ses toiles. Le geste pictural devient langage. La peinture, un espace de friction entre l’intime et le politique.

Les archétypes masculins y sont exposés dans toute leur ambivalence : puissants et vulnérables. L’histoire noire, les traditions africaines et l’expérience afro-américaine irriguent chaque composition. Et puis il y a ces motifs récurrents — couronnes, halos, figures divines — qui transforment la surface en rituel. Une iconographie qui oscille entre sacré et quotidien, entre mythe et urgence.

Mais au-delà du contenu, l’objet lui-même prolonge cette pensée.
Présenté dans un coffret, conçu comme une œuvre à part entière, le livre évoque la matière même de la toile. Une surface à toucher, presque à éprouver. Publié dans la collection Ultimate d’Assouline, il s’inscrit dans cette idée chère à SLG+ : un objet qui reste. Qui se garde. Qui devient vestige.

Basquiat n’a jamais cessé d’être contemporain et ce livre en est la preuve silencieuse.
