Bonjour Tristesse : un regard neuf sur Sagan
Bonjour Tristesse, le premier murmure cinématographique de l’écrivaine Durga Chew-Bose. Révélé en avant-première au Festival International du Film de Toronto l’an passé, « Bonjour Tristesse » a enchanté les salles.

Dans les dix premières minutes de cette œuvre inaugurale, née de l’esprit de Durga Chew-Bose, le silence enveloppe Cécile, l’âme du récit. Sous le soleil ardent d’un été alangui sur la Côte d’Azur, tandis que les voix joyeuses de son entourage s’élèvent, le spectateur est gardien d’un mystère : l’intériorité de l’héroïne lui est voilée. Nos yeux se posent alors sur Lily McInerny, jeune actrice qui lui prête corps et âme, observant la danse de ses gestes, la courbe de son maillot de bain, la mélodie choisie sur son téléphone. L’attente devient une invitation.

Au commencement, Durga Chew-Bose n’était qu’une passeuse de mots, chargée de transposer le roman mythique de Françoise Sagan – éclos en 1954 sous la plume d’une adolescente – en une symphonie de dialogues et de scènes. Mais le destin, parfois, prend des chemins inattendus.

Quelques années après l’amorce du projet, les productrices, touchées par la singularité de sa vision, lui firent une proposition audacieuse : et si elle donnait vie à ces images, derrière la caméra ? Son scénario, loin des sentiers battus, respirait un langage visuel intense. La précision de ses indications, mouvements de caméra, étoffe des décors, poésie des costumes, avait tissé à son insu la trame de sa future mise en scène.

Le tournage, empreint d’intimité, s’est déroulé durant trente jours baignés par la lumière de Cassis, dans le sud de la France. Une équipe réduite s’est unie pour conter une histoire de liens familiaux fragiles, d’ombres de jalousie, le tout gravitant autour d’une jeune fille, de son père veuf et des deux femmes qui illuminent ou obscurcissent leur existence. Lily McInerny incarne Cécile, tandis que Chloë Sevigny prête ses traits à Anne, une ancienne amie de la mère disparue, dont le retour menace l’équilibre.
© Babe Nation Films






