Francis Kurkdjian réinvente le muguet de Christian Dior
Il y a, parfois, des fleurs qui ne se montrent pas. Elles murmurent plutôt qu’elles ne crient, s’esquissent plus qu’elles ne s’imposent. Le muguet en fait partie. Une petite clochette timide, blanche comme un secret, et pourtant si précieuse pour Christian Dior. C’était sa fleur porte-bonheur, son talisman végétal. Il en glissait toujours quelques brins à ses vestes, comme un doux rappel que le printemps revient toujours.

Dans son monde, où la mode côtoyait les superstitions comme des étoiles filantes, le muguet avait une place à part. Il n’était pas qu’une fleur : il était promesse. De renouveau. De beauté. De grâce discrète. Il a même inspiré une collection entière – la ligne Muguet du printemps-été 1954 – et une robe légère comme le vent, brodée, presque vivante.

Mais en parfumerie, le muguet est ce que l’on appelle une fleur invisible. Son odeur ne se laisse pas capturer. On ne la distille pas. On l’imagine, on la rêve, on la recompose, comme un souvenir d’enfance ou une caresse oubliée.

C’est ce défi que relève aujourd’hui Francis Kurkdjian, directeur de la création des parfums Dior. Avec Le Muguet, il signe le premier volet d’une trilogie florale, Les Récoltes Majeures, dédiée aux fleurs qui racontent la maison Dior à leur manière – intime, enracinée, éternelle.

Pour recréer ce muguet si cher à Monsieur Dior, Francis Kurkdjian a suivi la trace d’une variété rare : le Géant de Fortin, aussi appelé Nantes. Une espèce presque effacée du monde, mais qui vivait autrefois dans une serre chauffée, commandée spécialement par Dior à son fleuriste parisien. Ainsi, même au cœur de l’hiver, la fleur pouvait éclore. Toujours à portée de main. Toujours là.

Avec la complicité d’un ami producteur de lys, Francis Kurkdjian a retrouvé cette plante perdue et l’a replantée dans les jardins du château de La Colle Noire, à Grasse. Là, derrière une fontaine oubliée, à gauche de la maison, là où Dior l’avait autrefois plantée lui-même.

Aujourd’hui, le muguet refleurit. Il ne fait pas de bruit, mais il emplit l’air d’une nostalgie verte, fraîche, et d’un peu de magie.
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© Dior






