Baisi Guadagnino et Zara Home : le cinéma comme art de vivre

Avec Atlas of Desire, Stefano Baisi et Luca Guadagnino dessinent pour Zara Home un monde qui se porte autant qu’il s’habite. Plus de 200 pièces, entre mobilier, objets et vêtements, pour explorer ce que nos intérieurs racontent de nous.

Il arrive que l’on garde d’un film le souvenir d’une chambre avant celui d’un dialogue. Une lumière sur un mur, la profondeur d’un fauteuil, un vêtement abandonné. Ces détails installent une intimité : ils nous font imaginer la vie qui continue lorsque la caméra s’éteint.

Plusieurs personnes réunies dans un salon à la lumière chaude, pour la campagne Baisi Guadagnino pour Zara Home.

© David Sims

C’est sur ce territoire que se déploie Atlas of Desire, la collaboration de Stefano Baisi et Luca Guadagnino avec Zara Home, annoncée pour le 26 septembre 2026. Le scénographe et architecte et le cinéaste travaillent ensemble depuis près de dix ans, entre cinéma, architecture intérieure et mode. Ici, leur dialogue prend la forme d’un environnement complet : du canapé au parfum d’intérieur, de la table au manteau.

Portrait en noir et blanc de Luca Guadagnino et Stefano Baisi, assis côte à côte, pour leur collaboration avec Zara Home.

Baisi Guadagnino pour Zara Home © David Sims

La maison, un portrait sans visage

Choisir ce qui nous entoure relève rarement de la seule fonction. On s’attache à une courbe, à une matière, à une couleur dont on ne saurait expliquer précisément l’évidence. Peu à peu, une maison devient un portrait indirect de celui qui l’habite.

Fauteuils sombre et brun devant une bibliothèque en bois garnie de livres et d’objets, collection Atlas of Desire de Zara Home.

© Valerie Sadoun

Atlas of Desire donne une forme à cette intuition. La collection fait se rencontrer les géométries de la Sécession viennoise, les courbes de l’Art déco français, la chaleur du modernisme brésilien et la sensualité du design radical italien. Les références circulent entre les époques pour composer un intérieur traversé d’affinités personnelles.

Mobilier, luminaires, arts de la table, textiles, tapis, miroirs et bougies participent à cette composition. Les objets portent des noms — Purkersdorf, Nape, Ophiuchi — qui les éloignent un instant du vocabulaire du catalogue. On peut y lire les fragments d’une géographie privée : des choses choisies pour vivre avec elles, mais aussi pour ce qu’elles éveillent.

Canapé sombre au dossier ondulé et fauteuil brun aux formes arrondies de la collection Atlas of Desire.

© Alessio Bolzoni

Du fauteuil à l’épaule

Le prolongement dans le vêtement est l’un des gestes les plus intéressants du projet. Car un intérieur implique aussi une manière de s’y tenir, de le traverser, de recevoir.

Le vestiaire prend le costume masculin comme point de départ, en amplifie les proportions et en assouplit la coupe. Le tweed et la laine fresco accompagnent cette recherche d’une allure moins contrainte. Des sensibilités chromatiques belges aux jeux de volumes japonais, la collection déplace les repères du masculin et du féminin, avec également des robes épurées et sculpturales.

Plusieurs silhouettes en vêtements aux couleurs contrastées dans un intérieur chaleureux, campagne Baisi Guadagnino pour Zara Home.

© David Sims

Pour SLG+, c’est dans cette continuité entre l’espace et le corps que le sujet prend tout son sens. Une veste et un fauteuil peuvent exprimer le même goût des volumes ; une silhouette et une pièce, la même envie de liberté. La mode devient une composante de la vie domestique.

Ce que chacun vient chercher

Sur le plan de l’image, cette alliance peut permettre à Zara Home de renforcer sa place dans la conversation entre design, mode et culture. Baisi et Guadagnino lui apportent une écriture : une manière de relier les objets, de construire une atmosphère et de donner une cohérence émotionnelle à un ensemble. La marque peut ainsi susciter le désir d’un univers, au-delà de l’achat d’une pièce isolée.

Pour le duo, l’intérêt se lit dans l’échelle de diffusion et la diversité des supports. Le réseau de Zara Home offre à leur travail une rencontre avec un public international, tandis que l’étendue de la collection leur permet de développer leur regard jusque dans les détails du quotidien. Leur imaginaire pourra être adopté, déplacé, mêlé à d’autres objets par ceux qui le feront entrer chez eux.

C’est aussi là que se jouera la réussite du projet. La force des images devra trouver son équivalent dans les matières, le confort et l’usage. Une atmosphère séduit immédiatement ; vivre avec un objet engage une relation plus longue.

Quatre bougies élancées dans des supports assortis, aux teintes bordeaux, rouge, bleu clair et vert.

Après le générique

Le cinéma accompagne ce passage vers la maison. Le communiqué annonce un court-métrage réalisé par Guadagnino, écrit par Scott Z. Burns, avec une scénographie de Baisi. Le duo signe également la présentation en boutique : le récit se prolonge ainsi de l’écran à l’espace physique.

À travers cette collaboration, une question demeure : qu’essaie-t-on de retrouver dans les choses que l’on choisit ? Une sensation, un souvenir, la possibilité d’une autre vie ?

Vue à travers une succession de portes ouvertes sur un intérieur meublé de la collection Baisi Guadagnino pour Zara Home.

© Valerie Sadoun

Peut-être est-ce cela, habiter un imaginaire : lui faire une place parmi ses propres histoires.

Baisi Guadagnino pour Zara Home — Atlas of Desire sera disponible à partir du 26 septembre 2026 sur zarahome.com et zara.com, ainsi que dans une sélection de boutiques à travers le monde. Une installation et un pop-up ouverts au public sont annoncés à La Pelota, à Milan, les 26 et 27 septembre, de 11 h à 21 h.






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