Carven et Sylvie Auvray, les talismans d’une forêt enchantée
Avec Little Heads, Carven invite Sylvie Auvray à imaginer 150 pièces uniques en céramique, entre sculpture miniature et bijou. Une rencontre qui réveille notre manière d’enfance de regarder les objets : comme s’ils avaient quelque chose à nous raconter.
SYLVIE AUVRAY PAR JODY ROGAC
Ce matin, lors de la présentation, une image nous est venue : celle d’une forêt dont quelques créatures auraient accepté de sortir. Devant les Little Heads, on cherche un visage, puis une humeur. Un œil rond, une bouche entrouverte, deux oreilles inattendues suffisent à faire naître une présence.
Ces petites têtes semblent appartenir à un monde que l’on reconnaît sans pouvoir le situer. Elles évoquent les trésors ramassés en promenade, les objets conservés au fond d’une poche, auxquels on prête une histoire. Cette impression de trouvaille fait partie de leur charme. Elle nous invite à regarder plus longtemps.
Little Heads, 150 présences singulières
Créée exclusivement pour Carven, la collection réunit 150 pièces numérotées, chacune unique et réalisée à la main par Sylvie Auvray. Les expressions, les couleurs et les reliefs changent d’une figure à l’autre. Réunies, elles composent une assemblée dont chaque membre semble avoir son caractère.
La fantaisie conserve une part d’étrangeté. Une bouche paraît sourire ; une autre hésite entre l’étonnement et la grimace. Il y a dans ces visages une tendresse légèrement indocile, qui laisse une place à nos propres émotions.
On peut y retrouver quelque chose de l’émotion de Max et les Maximonstres, le film de Spike Jonze adapté de Maurice Sendak : cette proximité troublante avec des créatures imaginaires qui semblent connaître nos sentiments. C’est le souvenir que ces figures éveillent en nous.
© JODY ROGAC
De l’atelier au bijou, le lien avec Carven
Ce passage vers la mode s’inscrit dans le parcours de Sylvie Auvray. L’artiste a déjà créé des imprimés et des accessoires pour des maisons comme Sonia Rykiel et Martine Sitbon, ainsi que pour Bernhard Willhelm. La relation entre création plastique et vêtement appartient donc à son histoire.
© JODY ROGAC
Avec Little Heads, cette relation prend une forme très personnelle. Dans les photographies, les petites sculptures sont suspendues à des liens textiles souples. Les visages irréguliers répondent à la simplicité des rubans ; les couleurs de la céramique trouvent un écho dans une chemise rose nouée. L’objet entre dans l’échelle du corps et dans la composition d’une silhouette.
C’est dans ce déplacement que la collaboration nous paraît convaincante. Carven ouvre son vocabulaire du bijou à des formes dont le caractère demeure singulier. L’univers de Sylvie Auvray trouve, lui, une nouvelle proximité avec la personne qui le porte. La rencontre se lit dans la matière, dans le choix de conserver chaque expression, dans cette possibilité d’emporter avec soi une présence issue de l’atelier.
© JODY ROGAC
Choisir un visage, garder une histoire
Pour celles et ceux qui suivent Carven, l’intérêt tient à cette liberté d’appropriation. Choisir une Little Head, c’est aussi choisir une couleur, une expression, une étrangeté avec laquelle on se sent bien. Une pièce peut rappeler un personnage, une autre faire sourire sans que l’on sache exactement pourquoi.
La singularité annoncée se traduit ici par des différences visibles entre les objets. Chacun laisse de la place à une relation personnelle, à une histoire qui commencera au moment où il sera porté, offert ou conservé.
C’est cette dimension qui nous touche chez SLG+ : une mode capable de réveiller notre attention aux choses, et de laisser l’imagination accompagner le quotidien. Un petit visage pour garder, tout contre soi, un peu de forêt.
Little Heads, Carven × Sylvie Auvray. Édition numérotée de 150 pièces uniques, réalisées à la main par l’artiste. Disponibilité dans les boutiques Carven et auprès d’une sélection de partenaires internationaux.