SLG+ — Paris Fashion Week, une lecture culturelle et sensible
Chez Castaneda, il y a cette manière presque enfantine, mais jamais naïve, d’invoquer un monde où l’imaginaire protège du réel. Pour l’Automne/Hiver 2026, la maison parisienne dévoile Canis Improbus, littéralement “le chien indocile”, représenté ici par un caniche punk, irrévérencieux et tendre. Une figure totem qui résume le propos de la collection : dans un monde saturé de violence, la douceur est peut-être la dernière forme de radicalité.

Dans la logique de SLG+, penser la mode comme récit culturel, rituel de construction de soi, Canis Improbus se lit comme un manifeste pour les sensibilités insoumises. Le “mauvais chien” n’est ni mauvais, ni chien : c’est un archétype, un masque, un double. Un appel à ceux qui refusent les carcans de virilité dure pour lui préférer la vulnérabilité exacte, assumée.

Castaneda concentre la collection autour de la tailoring artisanal et de la chapellerie, deux disciplines souvent considérées comme “classiques”, ici détournées, exagérées, enveloppées de Kawaii et de subcultures comme des talismans contemporains.

La laine, matière la plus sculpturale, devient le médium principal. Patchworks, tweeds dissonants, carreaux perforés, œillets, rubans, motifs de lys et damiers : la matière respire, s’ouvre, se dédouble, comme si chaque pièce contenait une brèche, un passage entre deux mondes.

Les vestes en tweed deviennent têtes de caniches, les poches se transforment en museaux, les chapeaux en silhouettes animales. Il y a de l’humour, oui, mais surtout une poétique de l’altérité : que devient l’habit lorsque l’on accepte de ne pas être “sage” ?

L’homme Castaneda a une douceur assumée et une radicalité tranquille. Les silhouettes masculines — précieuses dans un défilé femme, mais essentielles à notre lecture SLG+ — proposent une alternative aux narratifs saturés autour de l’homme actuel : un tailoring sculpté et joueur, une palette douce mais affirmée, une masculinité ouverte, presque protectrice. Ici, la tendresse n’est plus décorative, elle devient armure. Ou plutôt : anti-armure.

La présentation ce fut dans une salle entièrement tapissée de papier rose, les modèles avancent sur une boucle d’un fragment du Concerto en Sol de Antonio Vivaldi, rendu célèbre dans le film Marie Antoinette. Un choix qui convoque à la fois le baroque, la royauté, l’insoumission pastel : un punk rose poudré.
Castaneda nous rappelle que : ce qui est doux ne doit plus s’excuser et que l’imaginaire est l’ultime luxe.

Une vision que SLG+ partage profondément : la mode comme espace d’émancipation, de rites personnels, de gestes qui nous révèlent.




Crédits: Direction artistique et Photo – Ivo Barraza Castaneda • Production executive et video : Gautier Rouquette • Hair Stylist: Anthony Galopin, Chimène Brittany Kery • Make-up: Zephyra, Lucie Chiron, Kiki mua, Paradee.
