Martine Rose de retour à Londres célèbre la scène créative

Après un détour remarqué par Milan la saison dernière, Martine Rose revient sur son terrain de jeu préféré : Londres. Et fidèle à elle-même, elle n’a pas choisi le chemin balisé de la Fashion Week officielle. Son défilé confidentiel s’est tenu dans un ancien centre pour l’emploi de Marylebone, transformé le temps d’un après-midi en laboratoire vibrant de la scène créative londonienne.

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Car un show Martine Rose n’est jamais qu’un simple défilé. Au premier étage, la créatrice avait installé un marché éphémère, réunissant jeunes talents de la mode, de l’art, de la musique, de la photographie et de l’édition. L’idée ? Faire de ce lieu improbable « une célébration de tous les créatifs de Londres, de tous ceux qui font bouger la culture », confiait-elle en coulisses, sourire aux lèvres. Pendant que les invités sirotaient des cocktails et chassaient des tee-shirts graphiques en édition limitée, l’ambiance salon 70’s remplaçait la grisaille administrative des lieux par du satin drapé et des rêves décalés.

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Puis les mannequins ont envahi l’espace, en glissant parmi le public, espiègles, joueurs, cabotins — sur consigne de la créatrice elle-même : « Je voulais qu’ils s’amusent, qu’ils soient charmants… Parce que les gens le sont, non ? « . Pantalons trop courts, vestes étriquées, cuirs rétrécis, shorts moulants portés avec des chaussettes hautes : la silhouette de cette saison se resserre, frôle l’inconfort assumé, s’amuse de la contrainte sexy.

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En bande-son ? Une sélection de tubes improbable signée Sasa Crnobrnja, complice de toujours : de la rave old school (« Hoovers and Spraycans » de DJ Choci Roc, 1996) à Fela Kuti revisité version house, en passant par Roy Ayers. Le vestiaire, lui, déjoue les codes : survêtements hybridés de capuches et casquettes de base-ball, sous-vêtements devenus vêtements de jour, vestes taillées au scalpel et pantalons en cuir ultradésirables. Les maillots de foot s’offrent le logo Martine, les tabliers de bistrot se muent en capes urbaines et les sacs semblent sortis des vitrines d’épiceries exotiques du coin.

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Aux pieds ? La nouvelle version des cultissimes Nike Shox MR4, bien sûr. Mais aussi des kitten heels et des mules-loafers mutant shoes qui résument tout l’esprit Martine : libre, mutant, ambigu.

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Un défilé à son image : brut, bricolé, sexy, profondément londonien, inspiré par les vraies gens et les vraies rues, bien plus que par les podiums sous vitrine.

© Martine Rose

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