Niccolò Pasqualetti SS27 : le corps fait œuvre

Présentée au Palais de Tokyo le 4 octobre, la collection printemps-été 2027 de Niccolò Pasqualetti explore ce qui se passe entre une forme et celui qui l’habite. À travers ses silhouettes masculines, le vêtement devient une expérience de la matière, de la peau et du mouvement.

Chez Niccolò Pasqualetti, une ligne change de sens dès qu’elle rencontre une épaule. Un volume prend sa mesure autour du torse. Pour le printemps-été 2027, cette relation guide une collection dont la beauté tient à la façon dont les vêtements se laissent transformer par les corps.

Le point de départ se trouve dans les objets relationnels de Lygia Clark. L’artiste brésilienne a placé la participation et les sensations corporelles au cœur de sa recherche, faisant de la rencontre avec la matière une expérience intime. Pasqualetti poursuit ce dialogue à travers la construction du vêtement. À plat, les pièces dessinent des triangles, des carrés, des lignes. Portées, elles épousent les contours humains et acquièrent une autre présence.

Dans les silhouettes masculines, cette idée se lit dans les ouvertures sur la peau et les proportions déplacées. Le torse apparaît entre des pans clairs, une pièce asymétrique redessine l’épaule, tandis que des volumes sombres donnent au haut du corps une ampleur presque sculpturale. Le pantalon apporte un ancrage à ces constructions. Les looks plus proches du costume prolongent la recherche avec une ligne souple, laissant au corps sa place dans la silhouette.

Le travail textile rend cette relation sensible. Des cordons tirent la popeline de coton pour créer des volumes inattendus. La soie laminée prend l’aspect d’une feuille d’argent froissée ; le tulle se tord et se noue. La fluidité de la gaze et du satin rencontre les textures plus brutes du lin et du denim. Ces écarts de poids et de surface donnent à la collection sa profondeur : l’œil imagine déjà le contact, la résistance ou la légèreté du tissu.

Les accessoires prolongent cette approche. Découpé puis plié, le métal devient une sculpture à porter et sert aussi de structure à des assemblages de pierres lumineuses. Ce passage du plan au volume fait écho à celui du vêtement, dont la géométrie se révèle au contact du corps.

L’expérience se poursuit jusque dans le parfum. Chaque mannequin porte l’une des trois créations de la première collection d’extraits de parfum de la maison, White Andara, Blue Andara ou Red Andara. Une dimension olfactive accompagne ainsi la silhouette, au-delà de ce que la photographie peut retenir.

À nos yeux, ces looks dessinent un masculin qui laisse de la place à la sensation et à la vulnérabilité. Le torse découvert côtoie des formes protectrices ; la souplesse traverse les pièces les plus construites. On retient cette façon de rendre le corps présent, avec ses contours et ses mouvements. Une élégance qui se découvre en l’habitant.

Photographies : Giovanni Giannoni. Styling : Benoit Béthume.

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