WOOYOUNGMI FW26 — L’élégance des voyageurs de l’hiver coréen
Wooyoungmi FW26 explore l’hiver comme un terrain d’élégance. Entre héritage coréen, références Edwardiennes et silhouettes 70’s, la maison sculpte un vestiaire pensé pour les voyageurs d’aujourd’hui, plus nomades, plus glamours, et prêts à affronter la neige avec allure. Une étude riche et théâtrale du warm wardrobe.

C’est dans cette idée du voyage que Madame Woo est retournée puiser pour imaginer la collection Fall-Winter 2026 : dans les archives du froid, là où la mode devient armure, élégance et rituel. Elle s’est arrêtée au tournant du XXᵉ siècle, à l’époque où le Gyeongin, premier chemin de fer du pays, inaugurait une nouvelle manière de traverser le monde.

Les quais étaient alors une scène à part entière : hanboks d’hiver sculptés, manteaux de laine, bagages de cuir alignés sous la vapeur blanche des locomotives.

La collection navigue entre Edwardian flair, années 1960–70 et modernité séoulite.
Un dialogue serré entre le vestiaire ancien du voyageur et les codes contemporains du nomade urbain.

Les tailleurs dandy en velours profond et tissus patrimoniaux sculptent les silhouettes, tandis que des pièces habituellement réservées à l’outerwear deviennent presque sensuelles : blazers constrictifs, gilets en faux astrakan, plastrons moulants, mailles épaisses qui épousent le corps. Une manière de dire que l’élégance peut tenir chaud et tenir tête.

Les formes s’allongent, se cintrent, se relâchent : field jackets en cuir souple, Chesterfields aux cols faux astrakan, faux fourrures réversibles aux doublures somptueuses, bombers pelucheux déjà chargés de souvenirs.

Le vestiaire respire une aura nomade, ponctuée de bonnets géants, pantalons équestres à boutons, snow breeches d’un autre siècle, jeans doublés shearling avec une pointe streetwear. Même le sportswear, padded ou quilté, glisse vers un techno-glamour inattendu.

La musique mêle chants beompae et hwacheong, hymnes de montagne, chœurs digitaux, accents byzantins et réminiscences grégoriennes. Comme si chaque pas du défilé faisait monter la fumée d’une locomotive à l’ancienne.

Une collection comme un train fantôme, un voyage dans le froid, une élégance sculptée par la neige. WOOYOUNGMI ne réchauffe pas : elle embrasse l’hiver. Et lui répond avec panache.











© Luca Tombolini






