BIRKENSTOCK 1774 invite Serban Ionescu à penser la chaussure comme sculpture. À l’occasion de Matter and Shape, la maison poursuit ce dialogue entre design, artisanat et culture visuelle en invitant Serban Ionescu à investir son univers à travers Funny City, une installation sculpturale pensée comme une friction entre corps, matière et architecture.

Présenté dans un premier temps dans le cadre de Matter and Shape, le projet trouve aujourd’hui un second souffle au studio parisien de BIRKENSTOCK 1774, du 27 au 29 mars 2026, dans le programme Hors les Murs du salon. Une manière de prolonger l’expérience au-delà de l’événement, en lui offrant un espace plus intime, plus dense, presque plus juste. Chez SLG+, ce qui nous intéresse ici n’est pas seulement la collaboration. C’est le déplacement qu’elle opère.

Depuis plusieurs saisons, la ligne BIRKENSTOCK 1774 ne se contente plus de réinterpréter une icône fonctionnelle. Elle interroge ce qu’un soulier peut devenir lorsqu’il sort de son strict usage. Non plus uniquement un accessoire. Mais une forme. Un volume. Une présence.

Avec Funny City, Serban Ionescu ne décore pas l’univers de la maison : il en déplie les tensions. L’échelle se trouble, les proportions se déplacent, les matières se répondent dans une logique volontairement instable. Le regard n’est plus face à une chaussure, mais face à un langage spatial.

Au centre de cette proposition, une pièce intitulée Turnstile for a Smile agit comme un pivot. Une sculpture qui semble à la fois organiser le passage et le perturber.

Comme si entrer dans l’univers de BIRKENSTOCK 1774 supposait d’abord de désapprendre la fonction. Et c’est peut-être là que le projet devient intéressant : lorsqu’il cesse de parler de produit pour commencer à parler de posture.

Cette intervention accompagne également le lancement de Romanticismo, la nouvelle collection de BIRKENSTOCK 1774, pensée autour du cinquantième anniversaire des silhouettes Boston et Milano deux modèles devenus, avec le temps, bien plus que de simples classiques.

Ce qui fait la force de BIRKENSTOCK 1774 lorsqu’elle est à son meilleur, c’est précisément cela : ne jamais confondre héritage et nostalgie. Ici, le patrimoine ne sert pas à rassurer. Il sert de base. Une base orthopédique, certes. Mais aussi presque philosophique. Une idée simple : un objet bien conçu peut traverser les époques sans perdre sa nécessité.

Dans le regard de Serban Ionescu, cette idée prend une autre dimension. Elle devient urbaine, légèrement absurde, volontairement décentrée. Funny City n’idéalise pas la ville : elle en restitue les décalages, les collisions, les déséquilibres. Tout ce qui fait qu’un espace devient vivant.
Ce qu’il reste après la forme
Il y a, dans cette rencontre entre BIRKENSTOCK 1774 et Serban Ionescu, quelque chose de plus subtil qu’une activation de marque bien pensée. Quelque chose qui touche à une question plus vaste : qu’arrive-t-il à un objet quand on lui retire son évidence ? Quand une sandale ou un sabot n’est plus seulement un signe de style, mais un point d’entrée vers une réflexion sur le corps, l’espace, la mémoire du geste.

C’est sans doute là que Funny City trouve sa véritable place. Non pas dans le spectaculaire. Mais dans cette zone plus rare où le design cesse d’être décoratif pour redevenir une forme de pensée. Et où marcher, soudain, redevient presque une manière de lire.
