Dior inaugure l’ère Jonathan Anderson aux Invalides

Dior a frappé fort ce vendredi en dévoilant la première collection homme de Jonathan Anderson, dans le cadre solennel et théâtral des Invalides. Un moment clé de la Fashion Week, qui lance officiellement un nouveau chapitre pour la maison. Nommé début juin à la tête des lignes homme, femme et couture, le créateur irlandais signe un baptême de feu ambitieux, érudit, et fondamentalement Dior.

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En transformant les Invalides en musée à ciel ouvert, Jonathan Anderson a dévoilé une garde-robe hybride, alliant sophistication classique et touches expérimentales. Vestes oversize, shorts cargo à volants, foulards noués en colliers, cravates à peine ajustées et pantalons retroussés définissent les contours d’un vestiaire poétique et audacieux. Inspiré par l’élégance preppy des étudiants d’Oxford des années 2000, le styliste puise aussi dans les archives de la maison pour mieux les réinterpréter.

Le pantacourt cargo à la coupe architecturale, déjà l’une des pièces phares, fait écho à la robe Delft imaginée par Christian Dior en 1948 : même jeu de structure dramatique, même tension entre fluidité et rigueur, transposée cette fois dans un vestiaire masculin. Autre clin d’œil appuyé à l’héritage : le retour de l’ancien logo Dior, avec sa typographie oblique, marquant une rupture avec l’esthétique plus contemporaine instaurée par Kim Jones ou Maria Grazia Chiuri.

La collection, ponctuée de détails narratifs, rend aussi hommage à la littérature et à l’art. Les sacs « Book Tote » sont recouverts de titres de romans ayant nourri l’inspiration du créateur ; Dracula de Bram Stoker, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Bonjour tristesse de Françoise Sagan, sans oublier que le décor exposait deux natures mortes signées Jean-Siméon Chardin, renforçant l’esprit muséal du défilé.

Deux figures iconiques, Jean-Michel Basquiat et Lee Radziwill, servent de boussole esthétique à cette première collection. Le style de l’artiste se retrouve dans les gilets portés à même la peau, les baskets lacées de manière négligée ou les associations de textures volontairement discordantes. Quant à l’élégance minimaliste de Radziwill, elle traverse la collection comme un fil discret.

Devant un premier rang de célébrités allant de Donatella Versace à Sabrina Carpenter en passant par Robert Pattinson, Daniel Craig ou encore Roger Federer, Jonathan Anderson a livré un défilé dense, personnel et visionnaire.

En convoquant archives, références artistiques et son propre langage visuel, le créateur redonne à Dior sa vocation de laboratoire créatif dans un premier acte, entre hommage maîtrisé et esprit d’avant-garde. Il trace ainsi la voie d’une nouvelle ère où la maison retrouve toute sa puissance narrative et sa liberté formelle.

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© Daniele Oberrauch / Gorunway.com

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