JW Anderson réinvente sa marque en cabinet d’objets
Jonathan Anderson ne chôme pas. La semaine dernière, il faisait une entrée remarquée chez Dior lors de la Fashion Week Homme à Paris, saluée par une ovation générale. En septembre prochain, il présentera sa toute première collection femme pour la maison française. Être nommé directeur artistique unique des collections femme, homme et haute couture de Dior est un défi de taille — de quoi laisser le monde de la mode en émoi et curieux de découvrir ce que deviendra sa propre marque, JW Anderson, dans cette nouvelle ère.

L’annonce ? Un rebranding complet, avec nouveau logo et tout un concept repensé, dévoilé à Paris dans un lookbook arty où défilent des visages familiers du cinéma et de la mode — Luca Guadagnino, Joe Alwyn, Bella Freud, Oliver Sim… Plus qu’une collection, c’est une atmosphère. Une esthétique pensée comme un dialogue entre mode, artisanat, design, obsession de l’objet et sens de la mise en scène.


JW Anderson version 2025, c’est un peu comme si un collectionneur fou s’était pris d’amour pour le tricot anglais, le mobilier Arts & Crafts et les slogans queer brodés sur des sweats oversize. Au menu : rééditions de lampes et de tabourets signés Charles Rennie Mackintosh, céramiques d’atelier façonnées par Akiko Hirai, pièces de prêt-à-porter volontairement décalées (denim japonais en couleurs étranges, mailles nostalgiques, sacs Loafer en version XXL).

Et toujours cette petite touche Anderson : l’ironie comme couture invisible. Sur les t-shirts et les sweats, des slogans mordants comme « Anonymous Faggots », « Anonymous Lovers » ou « Art Club » s’affichent en lettres franches. Ni cynisme, ni provocation gratuite : juste ce qu’il faut de décalage pour réveiller la silhouette.



En somme, une collection qui regarde en arrière tout en traçant un futur. Un greatest hits remixé, une promesse d’avenir, un manifeste silencieux pour les amateurs de formes, de mots et de gestes rares.

JW Anderson ne change pas. Il s’affine. Il collectionne. Et il continue de raconter la mode comme personne.






© JW Anderson






