L’élégance en dialogue : Jean-Paul Veison Marcelli x Inès-Olympe Mercadal

Ils ne s’étaient pas promis grand-chose, sinon de ne pas se contenter d’un simple objet.
Et pourtant, quelques mois plus tard, les voilà réunis autour d’un dîner confidentiel chez Castel, dévoilant une collection de mobilier aux allures de manifeste. Entre l’humour d’un refus inaugural, la poésie des matières, et la complicité d’un vrai dialogue créatif, Inès-Olympe Mercadal et Jean-Paul Veison Marcelli tracent ensemble les contours d’un art de vivre sensuel, cultivé, résolument à part.
Interview avec deux faiseurs de formes, de mots et d’instinct :

Crédit photographie : Say Who

Journaliste
Salut Jean-Paul, salut Inès. Hello, bonsoir. Qu’est-ce que vous portez ce soir ?

Inès
Alors, honneur aux femmes, même si c’est un magazine masculin. Moi, comme toujours, une paire de lunettes Thierry Lasry, un poncho en soie de chez Léonard — un intemporel — et, bien sûr, beaucoup de bijoux : du Gioia, des bijoux de famille, du Saint Laurent vintage, et encore du Gioia, du Gioia, du Gioia !

Journaliste
Magnifique. Et toi Jean-Paul ?

Jean-Paul
Pour ma part, un costume Fursac, une chemise — si je ne dis pas de bêtise — Figaret. Les lunettes, ce sont des Moscot. Le foulard, un cadeau de ma chère Inès, donc un foulard Léonard. Et des petits boutons de manchette Cartier, pour ne rien oublier. Côté bijoux, pareil : des pièces de famille ou des créations d’artisans.

Journaliste
Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a amenés dans le monde créatif ?

Inès
Moi, j’ai commencé par des études de lettres. Je me destinais à quelque chose de très intellectuel, je voulais être écrivain. Mais je viens d’une famille de chausseurs, de fabricants, avec un amour profond du cuir, de la maroquinerie et du commerce. J’ai été très attirée par ce lien qu’on tisse avec les gens à travers les objets, le geste. Voilà… Pardon, je suis nulle pour parler de moi, on recommence ?

Jean-Paul
Non, c’est très bien, continue !

Inès
Merci… J’adore mon métier parce que je crée, je distribue, je fais des salons, je voyage dans plein de pays. Et tout ça nourrit mon ADN créatif. Chaque collection est une nouvelle aventure.

Jean-Paul
De mon côté… honnêtement, je n’ai pas vraiment de réponse toute faite. Je suis un peu « tombé dedans » petit. Chez moi, on m’a toujours dit : « Tu fais ce que tu veux… sauf ce qu’on fait nous. » Même pas transporteur ! (rires) J’ai commencé dans la déco, puis j’ai rapidement bifurqué vers l’architecture intérieure.

Crédit photographie : Say Who

Journaliste
Quelles sont les influences clés qui ont façonné votre travail ou votre vision ?

Inès
Le marché aux puces de Saint-Ouen, où je vais depuis que je suis toute petite. Ma mère était collectionneuse, donc j’ai passé tous mes week-ends là-bas. J’ai développé une vraie culture de l’ancien. Je collectionne les objets vintage en tout genre : des livres, des petits objets qu’on expose dans des cabinets de curiosité…

Jean-Paul
Moi, je dirais un vrai poète : l’agence avec laquelle j’ai débuté. Ce sont eux qui m’ont formé, ce sont mes premières inspirations. Quand je suis à court d’idées, je repense à un projet qu’on avait fait ensemble, et je sais que j’y trouverai un écho.

Journaliste
Quel est le concept de cet événement avec Inès Olympe Mercadal ? Comment est née cette collaboration ?

Jean-Paul
Alors… j’ai appelé Inès il y a environ un an pour lui demander de dessiner un pied de lampe. Elle m’a dit non (rires). Sa production était saturée, elle n’avait pas la place pour fabriquer un pied en céramique comme elle le faisait à l’époque. Donc, au final, on a tout fait… sauf une lampe ! On a collaboré avec des artisans d’exception, comme les ateliers Midaven ou la manufacture Pinton. Et ce soir, on présente cette belle collection qu’on a développée ensemble pendant un an.

Inès
Oui, enfin moi j’ai une autre version : j’ai un peu forcé la main ! (rires) J’avais très envie de faire du mobilier avec Jean-Paul, donc j’ai proposé plein d’idées plus ou moins folles. Je disais : « Pourquoi juste une lampe ? Faisons une collection de mobilier, non ? » Même si l’usine était débordée… J’avais envie de faire plus avec lui, tout simplement.

Journaliste
Comment vos styles ou approches se complètent-ils dans ce projet ?

Jean-Paul
Ils ne se complètent pas, ils se calquent ! (rires) Avec Inès, il y a quelque chose d’assez « Giscardien », très années 70-80, mais dans le bon sens : une femme forte, élégante, affirmée, celle qu’on a envie de connaître. Et ça a vraiment nourri notre création.

Inès
Quand on s’habille, c’est aussi une façon de recevoir, de montrer du respect. C’est la même chose quand on reçoit chez soi : on fait les choses bien. C’est ce que racontent aussi nos objets, notre art de la table. Et mon look, ce n’est jamais un déguisement, mais presque un jeu. Je me grime un peu en une version de moi-même, une Inès des années 60, 70, 80… Une Inès plus puissante, plus confiante. C’est une forme d’expression.

Crédit photographie : Say Who

Journaliste
Et comment démarrez-vous un projet créatif ? Plutôt instinctivement ou de façon très planifiée ?

Inès
Complètement instinctif. Toujours.

Jean-Paul
Oui, souvent ça commence à deux heures du matin, autour d’un piano. Si c’est trop planifié, ça ne marche pas. Il faut une connexion humaine, avant même la connexion créative. C’est le seul vrai conseil à donner à un designer.

Journaliste
Merci beaucoup à tous les deux. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une excellente soirée !

Jean-Paul et Inès
Merci beaucoup, à bientôt !

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