MAGMA 3, l’archive pensée comme un prototype de futur
Magma ouvrira le bal d’Art Basel avec un volume grand format en édition limitée, soutenu par Bottega Veneta qui accompagne le projet depuis sa création en 2023. Baptisée Archive of the Future, Magma 3 réunit vingt-cinq voix singulières, artistes, auteurs, cinéastes et compositeurs qui pensent le monde non pas comme il est, mais comme il pourrait vibrer demain.
Après son détour surréaliste au Centre Pompidou en 2024, MAGMA poursuit sa cartographie sensible du présent : une revue-objet à mi-chemin entre manifeste, collection d’art et archive organique. Hans Ulrich Obrist ouvre le volume comme on tend une allumette : l’archive n’est pas un mausolée, mais un prototype de futur.

Dans un temps fracturé où hier ne ressemble plus à demain, MAGMA interroge la capacité des formes artistiques à sentir avant de comprendre. Paul Olivennes, fondateur et directeur créatif, rappelle que l’archive est politique parce qu’elle sélectionne ce qu’une époque choisit de voir, mais aussi ce qu’elle préfère taire. Sa vérité, dit-il, est poétique : elle déborde toujours du cadre.

Ce troisième opus convoque une centaine d’œuvres et de textes inédits. Elizabeth Peyton continue de traquer la présence à même les visages, Precious Okoyomon glisse des graines de cosmos comme des promesses en papier, Stephan Crasneanscki dévoile l’ombre et les archives de Jean-Luc Godard, éclairées par Patti Smith. Charles Ray enregistre ses marches à l’aube comme des hallucinations intimes. Pol Taburet travaille le noir comme une langue maternelle.

MAGMA exhume aussi les images scandaleuses de Merry Alpern, trente ans après Dirty Windows, miroir clandestin de Wall Street. Godard vide ses archives pour mieux en faire un geste de vie. Jonas Mekas réapparaît en polaroïds aux côtés de Yoko Ono et John Lennon. Michelangelo Pistoletto fait miroiter ses toiles dans les pages, tandis qu’une guillotine de Michel Journiac réapparaît comme un fantôme politique.

Les correspondances se croisent : Jonathan Glazer dialogue avec Théo Casciani, Jill Mulleady rencontre Mike Kelley à travers Lautréamont, Michaux se frotte à Stanislava Kovalčíková, les chiens fantasmés de Jos de Gruyter & Harald Thys aboient sur Beethoven. Et dans les marges, un marque-page olfactif signé Sissel Tolaas s’invite comme un souvenir futur.

Plus qu’un livre, MAGMA compose une archive vivante, tactile, sonore et olfactive qui refuse la chronologie et préfère l’invention. Inspirée par les grandes revues du XXe siècle, la publication crée un terrain de rencontres entre les vivants, les disparus, les héritages et les fantômes.

Portée depuis ses débuts par le mécénat de Bottega Veneta, cette édition s’incarne aussi hors du papier : une exposition Merry Alpern à Londres avec TRAMPS dès le 13 octobre 2025 et une exposition collective à Paris, du 19 octobre au 19 novembre 2025, à FORMA (127 rue de Turenne, Paris 3e)

MAGMA ne conserve pas le passé : il fabrique des hypothèses. Une archive, oui, mais en mouvement.





