Bottega Veneta affirme son identité artisanale et visionnaire
Bottega Veneta se définit depuis toujours comme un atelier où l’histoire italienne se mêle au savoir-faire collectif. La nouvelle directrice artistique, Louise Trotter, rappelle avec force que ce sont les artisans qui donnent vie à la Maison et que leur travail fait autant partie de l’identité que les créations elles-mêmes. Elle décrit ce lieu comme un espace où la main et le cœur s’accordent pour écrire une histoire commune.


La présentation de la collection SS26 illustre cette philosophie à travers une interprétation renouvelée de l’Intrecciato, le tressage iconique qui demeure le fil conducteur des silhouettes. Les pièces s’inscrivent dans un équilibre subtil entre exception et quotidien, affirmant une esthétique qui conjugue précision et sensualité.

Certaines créations repoussent les limites de l’artisanat avec des matières inattendues. Des vestes et des jupes sont façonnées en fibre de verre recyclée, tandis qu’une cape en cuir nappa à longues franges témoigne de plus de quatre mille heures de travail. L’ensemble des silhouettes se distingue par des volumes sculptés et des textures audacieuses qui passent de la légèreté de l’été aux intérieurs travaillés avec la rigueur d’un tailleur masculin.


Les accessoires, véritables signatures de la Maison, trouvent de nouvelles formes et proportions. Le sac Squash enveloppe les lignes avec douceur, une pochette de soirée se pare de franges délicates et un tote structuré enrichit l’offre avec une présence affirmée.

L’espace de présentation, baigné de lumière, accentue cette vision créative. Des cubes en verre de Murano, réalisés par le studio milanais 6:AM, diffusent des reflets colorés et les œuvres suspendues de l’artiste coréen Kwangho Lee résonnent avec l’art du tressage, vibrant au gré des mouvements de l’air.

La dimension sonore du défilé joue elle aussi un rôle essentiel. Steve McQueen, réalisateur britannique et lauréat d’un Oscar, signe une création originale intitulée 66–76. L’artiste y croise deux interprétations de Wild Is the Wind, celle de Nina Simone en 1966 et celle de David Bowie en 1976. Le montage mêle la voix de Bowie au piano de Simone et celle de Simone à l’instrumentation de Bowie avant de faire naître un duo inattendu qui résonne comme une déclaration d’amour.

Bottega Veneta affirme ainsi sa volonté de rester fidèle à l’artisanat tout en élargissant son horizon créatif. La Maison associe la main des artisans, la force des matières et la sensibilité artistique contemporaine pour dessiner une vision de l’été où fonctionnalité et poésie se rejoignent.
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