Chez Songzio, l’histoire ne se répète pas : elle se déconstruit. Pour le Printemps-Été 2026, la maison coréenne signe une collection radicale, fragmentée comme un polyptyque — ces tableaux à panneaux multiples qui ne révèlent leur sens qu’ensemble. Même principe ici : chaque pièce est une note isolée, chaque silhouette une strophe déformée.

Les formes explosent, s’affolent, refusent toute lecture linéaire. Le hanbok traditionnel ? Disséqué. L’armure médiévale ? Découpée et recousue à vif. Le résultat ? Une garde-robe de mutants post-historiques. Pas question de dissimuler la construction : les coutures deviennent balafres, les manches traînent, les ourlets partent en vrille. Rien n’est figé. Tout est mouvement.




Songzio, sculpte l’espace autant que le vêtement. Le vide devient matière, le volume déborde là où on ne l’attend pas. Certaines pièces flottent plus qu’elles ne tombent. C’est une poésie du déséquilibre, avec pour seul fil conducteur la tension – entre ombre et lumière, passé et fiction, tradition et glitch.



La palette joue sur le contraste : des terres sourdes, patinées comme des pigments anciens, transpercées de flashs vermillon et jaune acide. Côté matières, même duel : coton bio contre vinyle miroir, lin lavé contre tweed métallique. Le tout traité sans filtre, sans lissage. Friction maximum.




Une collection qui parle de futur en regardant droit dans le rétroviseur. Et qui rappelle que, parfois, le vêtement est plus qu’un vêtement — c’est un terrain d’expérimentation, un acte plastique, presque un manifeste.
Photo couverture – SEONGHWA par • Sasha Mongin
* Hanbok : vêtement traditionnel coréen. Aussi appelé joseonot en Corée du Nord, il est le costume traditionnel de la péninsule de Corée. Son nom signifie littéralement « vêtement coréen ». Il est caractérisé par des couleurs vives et des lignes simples.

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