Xander Zhou est une marque chinoise de vêtements pour hommes. Synonyme de “techno-orientalisme”, elle se projette dans un avenir dystopique alimenté par l’intelligence a rtificielle (IA). Le label se promène dans cet univers, tout en s’amusant avec les codes que cette technologie peut proposer. 


Après une interruption de trois ans, la marque revient sur les podiums de Shanghai. Pour l’événement, Xander Zhou a choisi d’utiliser des outils générés par l’IA afin de créer un nouveau storytelling accueillant ses invités dans ce qu’il a appelé : une exposition intergalactique “Pro A.I.Volution”. 

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Depuis sa collection printemps-été 2016, intitulée “Far East”, le designer renoue avec ses racines asiatiques tout en explorant les liens entre le mysticisme oriental et la modernité futuriste de l’Asie.


Avec le terme de “techno-orientalisme”, inventé pour l’occasion, le créateur a construit son propre univers en esquissant une carte de l’humanité future. Une société qui fusionne un certain idéal du réel à une dimension virtuelle dans laquelle les personnages de ses collections coexistent et s’interconnectent. Qu’il s’agisse d’humains, d’androïdes ou d’extraterrestres.

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Inspiré par la singularité numérique, la marque a présenté sa collection de haute couture, Xander Zhou & Pro. Des humanoïdes qui nous ressemblent pour la plupart, mais qui ont su évoluer en intégrant l’IA, mêlée à l’amplification de l’intelligence. Ils sont alors surhumains et dotés d’une intelligence hors norme.

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Des mannequins dystopiques à l’état d’esprit déterminé ont marqué le début de la présentation. S’exprimant sur des téléphones lumineux, les silhouettes avancent dans des costumes ajustés à l’enveloppe corporelle transparente. Ils portent des porte-documents grandioses, et sont prêts à travailler, tandis que des vêtements mécaniques se voient dotés d’une queue de reptile proéminente, mécano-anatomiques et multiarticulée qui devient une extension de leur colonne vertébrale.

Les blousons bombardiers en cuir sont ornés de figures géométriques qui maintiennent les mannequins en place comme des zombies. D’autres marchent les bras tendus, signalant un danger avec des masques en plastique pour filtrer la pollution de l’air. Des costumes en denim et des sous-vêtements côtelés sont conservés dans des boucliers transparents. Une collection complétée par des costumes prêts pour le combat et contrôlés par des parties du corps dupliquées.

Des visières de casque aux chaussures en TPU, les vêtements forment un espace mobile, servant à la fois d’isolant protecteur et d’interface transparente. Comment l’interaction, de plus en plus intime, entre l’homme et la machine aura-t-elle un impact sur notre sens de l’identité ? 

Les gilets, les chemises et les vestes côtelés apparaissent dans l’ordre inverse, procédant à un examen de conscience par le biais d’une transparence en couches avant l’avènement de la technologie de l’information.

Basé à Pékin, Xander Zhou a lancé sa marque de vêtements pour hommes en 2007. Il est parvenu à se faire un nom grâce à son engagement à recontextualiser le futur.

Formé d’abord au design industriel, il a un don unique pour l’invention.

Son travail remet en question les notions de ce à quoi les vêtements pour hommes peuvent ressembler, et ressembleront à l’avenir.

Il est une figure clé dans le paysage de la mode chinoise pour sa capacité non seulement à créer, mais aussi à établir des liens et à construire une communauté.

La vrai question est : Comment notre humanité est-elle définie ? Quel est ce point qui nous sépare des créateurs ? Est-ce notre capacité à ressentir ? Est-ce notre capacité à faire des erreurs et à en tirer des leçons ?

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Xander Zhou, plus qu’un créateur de mode, un philosophe qui nous fait penser à l’évolution des vêtements et leur place dans un monde futur.

© Xander Zhou