ERL SS25 : Bro-érotisme & nostalgie pop des années 2000

ERL, c’est ce regard masculin porté sur les hommes eux-mêmes. Nostalgie 2000s, sensualité californienne et surf sur l’Americana : Eli Russell Linnetz revisite les rites virils de l’adolescence avec humour, style et une bonne dose de bro-érotisme.

Les années 2000 n’en finissent plus de revenir. Après les sacs baguettes, les casquettes Von Dutch et les jeans taille basse, c’est au tour du pretty boy d’opérer son grand retour. Celui qui bronze, s’épile, superpose deux polos et vaporise du Abercrombie Fierce à outrance. Eli Russell Linnetz en fait son héros de saison. Et le résultat est aussi kitsch que magnétique.

Le style ERL, c’est le vestiaire du jock : cargo shorts, polos superposés, vestes sherpa, boardshorts XS et mailles éponge qui épousent les abdos. Mais ce serait une erreur d’y voir seulement un retour Y2K.
ERL flirte avec l’érotisme homo-érotique soft, assumé mais jamais caricatural. Un héritage californien où la virilité se célèbre autant qu’elle s’observe dans le miroir.

Comme chez les premiers Abercrombie ou les pubs Hollister d’époque, la sensualité circule de garçon à garçon qu’on les désire ou qu’on veuille leur ressembler. Le désir n’est plus une question d’orientation, mais de projection. Une tension que Linnetz manipule avec une ironie pleine de tendresse.

Né en 1991, Linnetz appartient à cette génération élevée aux séries US, aux films de lycée, aux posters de surfeurs décolorés.

« Tout ce que je sais vient des films que j’ai vus », confie-t-il. Et ça se voit. Il cite American Pie, Our Lips Are Sealed, Gilmore Girls ou Dawson’s Creek avec la même affection qu’un étudiant en cinéma évoquant Truffaut. Mais chez lui, la nostalgie n’est jamais passéiste. Elle est réactivée, détournée, stylisée.

L’Americana qu’il invoque n’est pas celle des cow-boys, mais celle des vestiaires de lycée, des fêtes au bord de la piscine, des posters de surf délavés accrochés dans des chambres d’ado. Et cette vision fonctionne, car elle est fondamentalement sincère.

Cette saison, l’effet est là : les silhouettes semblent sorties d’un été éternel, comme capturées dans un souvenir flou, chaud et un peu sucré. Et c’est peut-être ça, le véritable pouvoir d’ERL : nous rappeler à quel point une époque, même un peu kitsch, peut encore être désirable.

Le look type ?
– Un double polo col relevé
– Un short cargo qui frôle l’indécence
– Un collier de coquillages
– Une veste sherpa ou un t-shirt rayé à manches interminables
– Une serviette de plage, et peut-être… une réplique bien sentie sortie de Dawson’s Creek.

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